Apocalypse bébé – Virginie Despentes (éditions Grasset)

Longtemps que je n’avais pas lu et longtemps que j’avais envie de lire ce livre-ci, du coup…

Il a reçu le prix Renaudot 2011 et une réputation assez sulfureuse.

C’est un roman entre le road-movie et le polar, dont le fil conducteur est la disparition de Valentine, une jeune fille de bonne famille à la dérive. Chaque chapitre est porté par une voix différentes, autant de facettes de l’histoire.

Sauf que c’est assez plat. Par exemple dans le personnage de la Hyène on est censé trouver un personnage de charisme, de noirceur, de mystères, mais le tour est vite fait et, malgré ce qu’en dit la quatrième de couverture, aucune âme n’est dépiautée jusqu’à l’os ici. Je n’ai jamais l’impression d’être en face de vrais personnages, seulement de leurs descriptions, de contours. Pas non plus de suspense, de rythme dans la recherche de la jeune fille proprement dite pour contrebalancer le tout.

Je sentais trop le petit cocktail : un peu de bourgeoisie, un peu de névrose, d’univers lesbien avec cette volonté de choquer (peut-être ai-je été la victime de la réputation du livre ?). Je me suis ennuyée et j’ai fini le bouquin par principe. Je dirais que le plus énervant de l’histoire c’est sans doute cette réputation de trash, presque d’underground, de soufre, de sexe et… à l’arrivée ce que l’on désigne comme tel.

En 2009, 2010 j’ai étudié les Salons de Denis Diderot : des comptes-rendus d’une exposition annuelle, capitale dans le monde de l’art français du XVIIIe, dans lesquels il décrivait les tableaux (pas de reproductions possibles) et livrait son analyse. Le philosophe avait pour règle de s’abstenir quand il n’aimait pas une oeuvre  et ne lui consacrait parfois qu’une phrase (ou partait dans des délires n’ayant rien à voir). Je trouve ça assez sage comme démarche et plus intelligent que d’abreuver les lecteurs de cynisme et de sarcasmes, on en est déjà saturé vous ne trouvez pas ?

Du coup je m’arrête ici.

 

Un extrait pour que vous preniez la température :

 » Cette première nuit auprès de François avait été la pire de toutes. Elle avait pensé rentrer chez elle, sans le réveiller. Les petites étaient chez sa mère, elle pourrait profiter d’une matinée tranquille. Mais elle ne connaissait pas le quartier où il habitait, elle avait peur de ne pas trouver de taxi. Et puis, elle ne voulait pas le blesser, même en laissant un mot, il aurait pu trouver son geste hostile. Elle rédigeait dans sa tête les bribes de roman qu’il aurait pu écrire, sur elle, si jamais elle ne se comportait pas correctement avec lui. Cette habitude, prise dès le premier rendez-vous, devait par la suite conditionner son attitude avec lui. Elle essayait toujours de se conduire en bonne héroïne. Au fil du temps, elle devait comprendre qu’elle n’interviendrait jamais dans les romans de son mari. Elle ne faisait pas partie de son imaginaire romanesque, il en faisait un point d’honneur. Ça l’avait déçue, comme tant d’autres choses. La vie passe, une série de capitulations. »

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