Les armoires vides, Annie Ernaux (Gallimard)

Première remarque d’Awen : « Je sais pas si c’est un roman autobiographique mais j’espère pas pour elle ». OK, le ton est donné, sort peu enviable.

Capture d’écran 2014-07-23 à 23.23.22Une jeune femme subit un avortement au début des années 1970 (petit rappel pour recontextualiser : la légalisation de l’IVG en France date de 1979). C’est alors qu’elle se met à repenser à son enfance en Normandie avec ses parents épiciers. Elle passe ses journées entre le café familial et l’école privée où elle est scolarisée… ambiance qui détonne avec celle du café !
Très vite, elle devient beaucoup plus instruite que ses parents et elle se rend vite compte du décalage entre les deux univers dans lesquels elle évolue : ses parents n’ont pas l’élégance de son institutrice dans leur façon de s’exprimer ! Donc, pour ne pas passer pour la pécore de service, elle devient la première de la classe. Le fossé se creuse…

Au secours Simone

Puis une autre scission vient approfondir le fossé entre elle et ses parents : la découvre de la (sa) sexualité. Son mal-être vis-à-vis de ses parents se transforme alors en dégoût et en mépris pour eux dont la morale rigide et étriquée lui est insupportable.

Capture d’écran 2014-07-23 à 23.34.27

« J’ai essayé tout de suite de bien faire ce que la maîtresse disait de faire (…) Il y avait quelque chose de bizarre, de pas descriptible, le dépaysement complet. Rien de pareil à l’épicerie-café Lesur, à mes parents, aux copines de la cour. Il y avait des moment où je croyais retrouver quelque chose, la jardinier par exemple, quand il passait sous la fenêtre de la classe, en bleu avec son veston sale, ou bien l’odeur du hareng près du réfectoire, un mot, mais c’était plutôt rare. Ca ne paraissait pas vrai (…) même pas la même langue. »

« J’ai conservé de faux trésors dans des armoires vides
Un navire inutile joint mon enfance à mon ennui
Mes jeux à ma fatigue »

Paul Eluard, La Rose publique

[autre livre, autre article : Les Belles Images, Simone de Beauvoir. Un milieu différent, mais toujours la sphère familiale comme sujet principal et le décalage entre le personnage principal et le milieu qui l’entoure.Témoignage de femmes en tant que mère cette fois et une dose de souffrance encore]
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