« La muse érodée du musée Rodin » par Chatou

ou, même si la suite est naze, le titre en vaut la chandelle

 « Allogènes en tricots et pantoufles de velours, ah si j’avais une glaise plus joueuse et un burin moins lourd ». Froids, distants, tels furent les mots rapaces de Rodin avant sa mort.

camille claudelCamille Claudel, moins chiante que son frère, fut assez bien démoulée par sa mère vers le 8 décembre 1864 à neuf heure du matin. Jeune fille tendre comme un bloc de marbre, c’est sans surprise qu’elle saisit un beau matin de printemps le burin pour tenter d’assassiner son frère Paul, surpris qu’il fût alors dans ses quotidiennetés onanistes au fond du jardin, ce qui constituait immanquablement l’aspect psychosomatique du traumatisme lié au prénom de son père, Louis-Prosper. Hélas, après cette tentative d’homicide infructueuse, ses parents, non content d’avoir au moins un de leur rejeton qui possédait une vocation, la mirent entre les mains d’un sculpteur expérimenté déjà, Auguste Rodin.

Wikipédia, l’éternel puis de science internet international et peut-être même de l’univers, prête cette phrase à Rodin lui-même : « Mademoiselle Claudel est devenue mon praticien le plus extraordinaire, je la consulte en toutes choses ». Bien entendu, la pudeur dixneuvièmiste qui dissimulait souvent sous un sarcophage anti radiation les questions sexuelles, nous empêche de saisir le sens non professionnel de la relation qui unissait les deux artistes. Pour être catholiquement plus clair, pompon sur la Garonne. Il était le maître, elle était la maîtresse.

Toujours est-il qu’immanquablement, Camille devint la muse de Rodin. Non content de tringler une jeunette sous les auspices crétins d’un caillou encore glandeur, Rodin, misogynie à part, aimait hurler à la lune le moment venu, les vers querelleurs de Paul, qui était son poète préféré. Car si l’un sculptait la pierre (et la Camille), l’autre sculptait les mots. Mais il est temps de clore ce paragraphe qui ne fera rire que moi.

Camille, l’élève de Rodin et donc sa muse, finit par se lasser des mains expertes de son maître et amant, et quitta promptement ce dernier, pour finir seule, sans oseille, sans un radis, bref sur la paille. Quitte à être pauvre, autant en profiter. Ainsi sculpta-t-elle la Niobide blessée, son œuvre majeure, mimétisme acharné de sa condition qui ne laisse pas de marbre, exposé temporairement au musée Rodin. D’où le titre.

A noter que, mise à mal par la solitude exsangue et lancinante, Camille finit par se faire interner dans un hôpital psychiatrique, où, pendant la guerre, elle mourut d’inanition. Entre quatre murs qu’elle n’a même pas sculptés. Doit-on pour autant lui jeter la pierre ?

Chatou

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