Recycler le plastique et les Poetic Lover par Chatou

Samedi soir. W9. Bordel ! Mais, bordel. Oui, hélas, bordel.

Les joies du numérique font qu’hélas, je n’ai pu terminer mon épisode des Simpsons. Donc je zappe quoi, tout ça. TF1 fonctionne pourtant, la 2 aussi. C’est l’autre con de Sébastien.

L’introduction était nécessaire. Après ce brillant préambule, je vais pouvoir vous expliquer comment j’ai découvert une reconversion géniale. Vraiment. Purement déter’ en fait.

L’émission Les Années bonheur, sirupeuse et qui  souffre de la terrible présentation du coupeur national (il ne coupe pas du shit mais la parole de ses invités. C’est pas bien grave, parce que bon, la promo de Frank Michael finalement, tout le monde s’en branle) et chanteur émérite Patrick Sébastien, passe à l’écran. Je regarde brièvement. Un ménage à trois de chanteurs plus ou moins Aryens (ils sont tous noirs) entreprend une reprise de Feeling, le tube planétaire. Bon, pis ma mère était pas loin, et elle me dit, je cite : « ah c’est les trois con. Ah, ils nous bassinent avec ces trois mecs. Yen a un, il sort d’un boys band ».

Mon oreille se dresse. « Un boys band ?», je demande. « Oui, je sais plus lequel » me répond-t-elle. « Les Words Appart ?! » surenchéris-je, haletant, curieux. « Je sais pus » finit-elle par lâcher, après un effort du cortex intense de remémoration de l’art musical des années 90, qui n’a, au fin de compte, pas laissé plus de trace dans l’imaginaire collectif, que n’en laisseront j’espère, les romans de Marc Levi.

Résultant de cet échange porteur de mille espérances et d’informations nouvelles, je me précipite sur internet, pour trouver, mais bordel, c’est de quel boys band qu’y vient ce con. Et là, surprise : Jay, le membre de ce Il Divo version Harlem, n’est autre que l’ancien leader de mon boys band préféré qui a su le mieux porter aux nues le ridicule du phénomène boys band : les Poetic Lover. S’il vous plait.

Un extrait tout de suite :

« humhumhumhuuum, yeahyear Baaaaaby
Laisse-moi juste pour cette soirée
Te toucher, te caresser
Car la fureur de nos baisers
Me fait vraiment vibrer-hey
Alors pourquoi me faire languir ?
Oui, pourquoi me retenir
Sois sur que je saurais y faire
Baby, je saurais te plai-aire.
Que tes lèvres sont sucrées-hey
Comme le nectar douce lady-hey
Une saveur suave
Qui me met en extase
Baby, vient, mon cœur s’embrase.
[Refrain] :
Darling, faisons l’amour ce soir,
Tous deux immergés dans le noir,
Car ton corps ma belle,
Délire sensuel, des plaisirs charnels.
Avant que le jour se lève,
Avant que la nuit s’achève,
Et passionnément,
Allons doucement,
Prenons notre temps ».

Voilà, oui. Je sais. Poétiques mais loveurs quand même. Je dis ça, je dis rien, mais bon.

Rapide commentaire de texte.

L’auteur commence une tirade en quatrains linéaires brossés d’épithètes sur-relatifs de concession : « la fureur de nos baisers » (v.3). En effet, à travers une rime riche, Jay, utilise le mot « fureur » pour montrer à quel point la coiffure de l’être aimé lui remémore les heures les plus joyeuses du pacte de non agression.

Oui, salope, pourquoi le faire languir (v.6), toi qui de toute façon, fut dès la naissance prédestinée à la carrière d’actrice X après que tes parents t’ont donné le prénom de Beverley ? Il est à préciser que les recherches ont montré qu’était visée ici la duchesse de Jaron de la tour 22 de la cité des Acacias boulevard Saint-Denis, dont le père fut accusé de tromperies envers son épouse, la comtesse Vadcard de Vidauban, mieux connue sous le pseudonyme de « Ginette » dans le cercle littéraire où elle avait ses habitudes lors de l’équipe du matin rayon fromage du Monoprix de la zone indus’ de Yonville. Le comte Reynald de Jaron aurait en effet voulu supprimer son épouse afin de se marier à une roturière de la barre 23, prénommée Gislène la Pute.

WT

Le comte Reynald de Jaron (à droite) et son frère le duc Steven de Chbiloute dans leur domaine familial.

L’auteur continue sa tirade et exprime sa sensation, comparable à un pic glycémique, lorsque ses lèvres touchent celles de l’être aimé : « Que tes lèvres sont sucrées/ Comme le nectar douce lady » (v.9/10). L’être aimé aurait-il tenté d’étouffer la honte de son patronyme que l’on sait salit par une sombre affaire d’adultère, en avalant plusieurs litres da Carte d’Or à la framboise ? Le recours à l’anglais en cette fin de vers, témoigne du bilinguisme de Jay.

Loana

La duchesse Beverley de Jaron.

Fin du commentaire.

Suite à une telle débauche de lyrisme, vous imaginez que mon cynisme ne pouvait se passer d’informations concernant le devenir des Poetic Lover. Aussi, comment, à travers les méandres moins voluptueux des années 2000, où Sum 41, Blink 182 et Linkin Park ont ravit au boys band l’essentiel de leur clientèle adolescente, les Poetic Lover ont-ils évolué ?

Mal.

En conclusion de quoi, j’estime qu’il est important de préciser que le Poetic Lover se recycle pareillement au plastique des boites de CD : seul 1/4 de la masse totale peut être recyclée. Jay, tu es l’élu. Que restera-t-il une fois qu’ils t’auront recyclé : l’essentiel de ton talent, à savoir la salamandre que tu as dans le cou.

RIP.

Jay

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