Solal, Albert Cohen

« Dans un mouvement pudique et jaloux il baissa les yeux, soupesa le livre que l’officier, qui était aussi homme de lettres, venait de lui offrir et le parcourut en sept minutes. C’était un roman de 180 pages aérées et intitulé « Amitiés » et dédié au prince de Tour et Taxis. Des images distinguées. Des prénoms masculins et féminins se mouvaient, se rejoignaient, s’éloignaient, poissons crevés. Un livre composé, équilibré, harmonieux, décanté, dépouillé. (Tous les adjectifs aimés des impuissants cristallins que n’a pas bénis le sombre Seigneur étincelant de vie, adorateurs du fil à plomb, habiles à corseter les faiblesse et à farder leur anémie.) Jacques expliqua qu’il avait voulu faire une oeuvre arbitraire et gratuite, qu’il était las des personnages trop sanguins. « Un défi en somme à la psychologie. » Le marin s’appellait Marie et la femme s’appelait Claude. Solal pensa à Sancho, au général Ivolguine et aux Valeureux. Il ferma ses mâchoires et le livre. »

Solal Albert Cohen

Solal
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