La Petite fille de M. Linh, Philippe Claudel

Un bouquin qui se lit (se dévore) en une soirée et qui transporte autant qu’il fait cogiter.

Un bouquin basé sur « ce que l’on s’imagine »

L’histoire d’un réfugié vietnamien qui perd toute sa famille hormis sa petite fille, avec laquelle il s’exile. Un vieil homme dont on se moque doucement ou que l’on dénigre de manière ouverte tout au long du roman.

Un personnage plongé dans le silence et l’isolement puisqu’il ne parle pas la langue de ce nouveau pays, et qu’il ne comprend pas ce qu’on lui dit. Il va nouer connaissance avec une seule personne, sur un banc. Ce dernier entrevoit en Monsieur Linh un homme qu’il suppose sympathique et il entreprend de nouer une conversation qui, de fait, est à sens unique, et il lui raconte sa vie, simplement.

Jour après jour, Monsieur Linh se contente de faire le tour du quartier, sa petite fille dans les bras, toujours sur le même trottoir de peur de se perdre. Toute sa vie est tournée autour de cette petite fille, son unique lien avec son pays perdu.

Un roman où, là non plus il ne se passe rien (amateurs de romans d’action, pour se livre révisez vos critères), entièrement dans le ressenti. Et l’interprétation de son environnement par un vieil homme qui a vécu ailleurs toute sa vie.

Un unique événement, une image choc, intervient à la fin alors l’intégralité du livre prend un autre visage, comme si un filtre avait été enlevé.

Les questions posées par le roman sont les suivantes : Jusqu’où peut-on aller ? Jusqu’où une décision, ou un parti pris peut nous mener ?

Autre élément très intéressant : deux personnes ce soir-là avaient lu ce livre, Mathilde et Arnaud, et selon leur version, l’histoire paraissait complètement différente… intrigant n’est-ce pas ? Tout dans le ressenti, on vous dit !

Ce livre nous en évoque un autre, évoqué lui aussi lors du cercle littéraire : Là où vont nos pères. Une BD (ou plus précisément un roman graphique) sans bulles, entièrement muette pour dire l’isolement du personnage, un immigré lui aussi.
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Et pour la route, une petite citation du bouquin, lue par Mathilde qui trouve cet extrait très poétique :

« La nuit fait éclore dans la ville des milliers de lumières qui scintillent et paraissent se déplacer. On dirait des étoiles tombées à terre et qui cherchent à nouveau à s’envoler vers le ciel. Mais elles ne peuvent pas le faire. »

Mathilde trouve cette écriture très visuelle. Une image faite de mots. Deux univers qui se rencontrent. Celui du pays d’accueil et l’impression qu’en a Monsieur Linh avec sa culture, son imaginaire… et l’imaginaire de Mathilde qui du coup voit les lumières de la ville comme des lucioles qui volettent…

[autre livre, autre article : Là où vont nos pères, Shaun Tan. L’exil et la paternité mis en scène dans une bande dessinée muette]

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